Nous vous proposons ici une réflexion sur la conversion écologique. Cette conversion impliquant un « péché écologique ».

Explications :

Les orthodoxes, précurseurs

Cette notion de péché écologique n’est en réalité pas nouvelle et, en la matière, le monde orthodoxe semble avoir ouvert la voie. Le 8 novembre 1997, lors d’une conférence sur l’environnement à Santa Barbara (Californie), le patriarche Bartholomeos de Constantinople présente une relecture de l’histoire du péché et déclare que « commettre un crime contre la nature » en est un. Le 1er septembre 2016, dans son message pour la deuxième Journée de prière pour la Création, le pape François développe cette idée, insistant sur la nécessité d’un examen de conscience, d’un repentir et d’une confession …  pour une vie plus respectueuse de la nature. .

« Comme individus (…) et comme participants d’un système qui a imposé la logique du profit à n’importe quel prix, sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature, repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune », ajoute-t-il.

Structures de péché

Participer à un système fautif reviendrait donc, stricto sensu, à pécher soi-même ? C’est déjà ce qu’écrivait saint Ignace de Loyola, au XVIe siècle, dans ses Exercices spirituels, ajoutant aux péchés personnels les péchés structurels d’une société, auxquels chaque membre a part.

Dans son encyclique Sollicitudo rei socialis (1987), Jean-Paul II distingue à son tour péché personnel et péché social. Il introduit également la notion de « structures de péché », qui génèrent de l’injustice ou de l’oppression. L’homme, comme être social, ne peut certes pas y échapper ; mais ces structures étant des réalisations humaines, sa responsabilité y est toujours engagée. Ainsi, même s’il en est victime, l’homme est solidaire du péché commis dans le cadre de ces structures.

Source : La Croix article de Mélinée Le Priol, à Rome,  le 16/10/2019

Pour avancer dans la réflexion et pourquoi pas dans l’action nous vous invitons à lire ou à relire quelques  passages de Laudato si

 §5  Saint Jean-Paul II s’est occupé de ce thème avec un intérêt toujours grandissant. Dans sa première Encyclique, il a prévenu que l’être humain semble « ne percevoir d’autres significations de son milieu naturel que celles de servir à un usage et à une consommation dans l’immédiat ». Par la suite, il a appelé à une conversion écologique globale. Mais en même temps, il a fait remarquer qu’on s’engage peu dans « la sauvegarde des conditions morales d’une ‘‘écologie humaine’’ authentique ».La destruction de l’environnement humain est très grave, parce que non seulement Dieu a confié le monde à l’être humain, mais encore la vie de celui-ci est un don qui doit être protégé de diverses formes de dégradation. 

§8. Le Patriarche Bartholomée s’est référé particulièrement à la nécessité de se repentir, chacun,de ses propres façons de porter préjudice à la planète, parce que « dans la mesure où tous nous causons de petits préjudices écologiques », nous sommes appelés à reconnaître « notre contribution – petite ou grande – à la défiguration et à la destruction de la création ».Sur ce point, il s’est exprimé à plusieurs reprises d’une manière ferme et stimulante, nous invitant à reconnaître les péchés contre la création : (…) car « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu »

Dans le § 217 , le Pape François écrit  « S’il est vrai que « les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les dé­serts intérieurs sont devenus très grands », la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. Mais nous devons aussi reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habi­tude de se moquer des préoccupations pour l’envi­ronnement, avec l’excuse du réalisme et du prag­matisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent in­cohérents. Ils ont donc besoin d’une conversion écolo­gique, qui implique de laisser jaillir toutes les consé­quences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure. Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne. »

Oiseau- paroisse HouillesCarrières