UNE RECETTE OUBLIÉE : LE GATEAU DE L’AMITIÉ

Certains se rappellent peut-être avoir mangé d’un gâteau rustique, plein de pommes et de fruits secs (pas léger léger), appelé Hermann. Farine, œufs, huile… les ingrédients n’ont rien de bien spécial. Mais Hermann ne se mange pas seulement : il se reçoit, il se donne, et se partage sans fin. Comme l’amitié, comme la fraternité. Le principe de ce gâteau en effet est que sa pâte, qui lève grâce à un levain naturel, doit être nourrie pendant dix jours avant que, d’une partie de ce pâton, on ne le confectionne. C’est ainsi que se forme une chaîne de don et d’amitié entre les mangeurs d’Hermann : on reçoit de sa voisine ou d’un ami un pâton cru, on l’enrichit progressivement dix jours durant, il fermente et grossit, et on se retrouve ainsi à la fin avec de quoi faire non pas un, mais quatre bons gros Hermann. Il faut alors distribuer le reste de pâte à d’autres, et le gâteau voyage de cuisine en cuisine. 

Chacun aura compris que l’ingrédient magique de ce gâteau est le lien qu’il permet de créér. Cette recette ancienne, venue d’Alsace, ou peut-être de communautés amish, est moins populaire aujourd’hui, parce qu’elle suppose d’avoir le temps denourrir son Hermann tous les jours, et, il faut l’avouer, parce qu’on se lasse à la longue d’en manger, malgré toutes les variations possible (noix, noisettes, ananas en boîte, chocolat…). 

Mais Il y a mille façons de raviver l’inspiration Hermann : confectionner des biscuits de Noël tout simple, des truffes au chocolat, des sujets en pâte d’amande, des fruits déguisés joliment emballés, pour les offrir aux voisins. Les bergers de la crèche n’avaient sans doute pas l’art de la conversation…ils sont venus avec des petits cadeaux à offrir, et cela a valu toutes les paroles du monde.