Il ne s’agit pas d’un truc pour faire en sorte que les enfants se tiennent sages. Le don de sagesse est essentiellement la capacité de goûter les choses de Dieu. Trouver du goût, savoir apprécier. Cela peut commencer dans le domaine profane par le fait de goûter vraiment un bon plat, d’apprécier un beau paysage, une œuvre d’art, et cela se développe quand nous trouvons de la saveur à lire une page d’Evangile ou quand expérimentons que nous recueillir nous fait du bien. Cela demande de prendre le temps et les moyens d’apprécier les choses de Dieu.
Quand on va trop vite d’une chose à l’autre, on risque de passer à côté de cette sagesse. Il faut accepter de prendre du temps pour voir les personnes et les situations comme Dieu les voit, avec le regard de Dieu. Goûtez le positif, car il est toujours un chemin vers Dieu.
L’obstacle à ce don de sagesse est de vivre de manière habituelle dans le péché. Car à long terme, le péché durcit tout : la tête, le coeur, l’âme, le tempérament. Les anciens appelaient cela une « cardio-sclérose ». Cela se traduit par la mauvaise humeur, le mécontentement, alors que la sagesse adoucit tout et transforme les coeurs de pierre en coeurs de chair. L’Esprit Saint imprègne en douceur, comme une onction. Jésus dit « apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur ».
Un moyen pour recevoir ce don est de cultiver des instants de recueillement. Même si nous sommes très occupés, et sans doute surtout dans ce cas, il faut choisir de se mettre en présence de Celui qui nous habite et veut notre bien et notre bonheur. Faire ce choix régulièrement nous conduit à être davantage présent aux personnes et aux situations rencontrées, ainsi qu’aux décisions à prendre ou au travail à faire.
Un exemple biblique : le jugement de Salomon (1 Rois 3, 16-28)
Dans cet épisode, le tout jeune roi Salomon n’est pas encore connu pour sa fameuse sagesse, mais il sait son inexpérience et se confie en Dieu. Deux femmes viennent le voir, elles habitent ensemble et ont chacune un bébé de quelques jours. Mais le 1° bébé étant mort pendant la nuit, sa mère l’a échangé avec le bébé de la 2° femme. Celle-ci, d’abord désespérée, finit par s’en apercevoir, et demande justice à Salomon. Celui-ci, d’abord incapable de savoir qui est la vraie mère, ordonne de couper le bébé vivant en deux. La fausse mère qui porte l’enfant comme si c’était le sien, accepte, pendant que la vraie mère supplie qu’on le laisse vivant, même si c’est dans les bras de l’autre femme. A cela, Salomon pose un jugement pratique qui manifeste sa sagesse : il reconnaît la vraie mère et ordonne qu’on lui rende son enfant.
Cet exemple montre que l’habitude de se recueillir, de vivre en présence de Dieu, nous conduit à la sagesse aussi dans des situations très concrètes.
Chantez cette semaine un chant à l’Esprit Saint : Viens Esprit Saint !
Père Eric Courtois
