Le don de conseil réside dans le fait de chercher où est la volonté de Dieu à long terme. Le Seigneur voit loin et grand : « Soyez saints parce que moi le Seigneur, je suis Saint ». Un psaume dit du Seigneur : « Qui a été son conseiller ? » ou « Quel conseiller peut l’instruire ? ». Personne bien sûr. En revanche, lui peut nous conseiller et nous instruire. Le Seigneur ne nous demande pas de tout réussir tout de suite, mais de prendre du recul pour mieux correspondre au vouloir éternel de Dieu. Pour éviter une spiritualité qui demande des résultats trop immédiats, il faut la confiance et le conseil de Dieu. A ce titre, la Parole de Dieu, de Jésus et des Ecritures, est une source de conseils permanents. On y voit des exemples éclairants qui sont comme des conseils en acte pour clairer nos propres décisions. « Ta Parole, Seigneur est une lampe » ! Pour St Maxime le Confesseur, le don de Conseil nous permet en particulier de mieux voir ce qui est contraire à notre chemin. Il nous aide donc dans les situations de discernement.
L’obstacle à ce don de conseil est l’esprit d’indépendance. Avoir trop confiance en son seul point de vue. Ne pas avoir besoin de conseils ou de l’avis des autres. Etre trop sûr de soi-même. Les pères disaient : « Fou est celui qui ne demande pas conseil »
Un moyen pour recevoir ce don est en sens inverse l’humilité de demander conseil, très concrètement. Sans se disperser, la question pertinente est : « A qui en ai-je parlé ? », non pas pour informer, mais pour former mon propre avis ? Les personnes qui sont vraiment « de bon conseil » ne vous répondront pas pour vous faire plaisir, ni pour faire pression, mais en se mettant devant Dieu. Marthe Robin disait par exemple : « Quand on veut faire une dépense, il faut se mettre devant Jésus ».
Un exemple biblique : Suzanne et les 2 vieillards (Daniel 13, 1-64)
Cet exemple sert pour les 2 dons de conseil et de force, d’ailleurs liés en Isaïe 11 (cf 1° feuille). La très belle Suzanne, désirée par 2 anciens, juges et notables, est menacée par eux d’une accusation d’adultère si elle se refuse à eux, ce qui entrainera sa mort. Elle est donc coincée : « De tous côtés, je suis prise au piège : si je vous cède, c’est la mort pour moi (effectivement, l’adultère était puni de mort) ; et si je refuse de céder, je n’échapperai pas à vos mains » (parce que ce sont les 2 anciens qui prononceront le jugement). Que faire donc ? Elle ne perd pas de vue son sort éternel : « Mais mieux vaut pour moi tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur » (Dn 13, 22-23). Dans cet épisode, Suzanne a bien perçu que commettre le péché proposé était plus grave que de se voir accusée à tort, et même au prix de sa vie, d’un péché qu’elle n’aurait en fait jamais commis. Dans la suite, Dieu intervient en envoyant son esprit de sainteté au jeune Daniel qui découvre la vérité et fait condamner les 2 anciens.
Chantez cette semaine un chant à l’Esprit Saint : Viens Esprit Saint !
Père Eric Courtois
