Église et pédocriminalité : comment rétablir la confiance ?

250 paroissiens étaient présents pour participer à la soirée ‘Abus dans l’Église, comment rétablir la confiance ?’ Répondant à l’invitation de Monseigneur Bruno Valentin et des prêtres de notre doyenné, les participants ont pu échanger en petits groupes, écouter notre évêque auxiliaire et poser de nombreuses questions sur un sujet douloureux qui nous ébranle et attaque notre confiance : la pédocriminalité dans l’Église. Si L’Église se révèle aujourd’hui être l’épicentre des révélations, ce phénomène touche malheureusement toute la société. Les chiffres donnent le vertige, l’omerta est forte, la souffrance trop souvent ignorée.

Avec ses scandales, l’Église est forcée de devenir aussi un des lieux de prise de conscience. Comment appréhender cette crise et les ressorts permettant à ces crimes d’être perpétrés ?

Si toute la société est concernée, notre évêque auxiliaire a développé néanmoins deux facteurs de risque propres à l’Église: celui d’un rôle éducatif fort notamment auprès des plus démunis (donc souvent plus fragiles) et le phénomène de « citadelles assiégées » qui amène certains membres de l’Église ou certaines communautés à s’isoler en refusant le regard extérieur, et ainsi à ne plus s’exposer à la correction fraternelle. Sur ces deux facteurs de risque, le cléricalisme joue un rôle important : il est l’usage dévoyé de l’autorité spirituelle conféré au prêtre, celui-ci étant, rappelons-le, consacré et non sacré – confusion où clercs et laïcs sont autant responsables. Pour lutter contre ce Mal, Mgr Bruno Valentin nous encourage à remettre notre responsabilité de baptisé au centre (tous baptisés, tous également remplis du Saint-Esprit). Et il est du devoir de tous de « vouloir savoir et d’oser dire », de prendre conscience de la blessure à vie des victimes. Notre attention, notre prière doit les accompagner et être constante dans le temps.

Le pape François nous appelle à la conversion des cœurs, mais aussi à des actions concrètes. L’Église ainsi s’organise. Au niveau mondial avec la réforme du droit canonique obligeant la dénonciation à la justice des actes connus. Au niveau national avec la mise en place de la commission Sauvé qui auditionnera pendant un an les victimes d’abus. Enfin au niveau de notre évêché avec une mission autonome d’écoute, bientôt adaptée à l’écoute des victimes majeures. La reconnaissance de la souffrance des victimes est essentielle, la justice doit opérer. Nous devons être vigilants, mais ne pas avoir peur, vouloir savoir et oser dire.                                                                        

 

 

Pour aller plus loin

Contacter les cellules d’écoute

  • Vous souhaitez contacter la cellule d’accueil des victimes de pédophilie du diocèse de Versailles :  ecoutevictimes@catholique78.fr
  • Vous souhaitez contacter la cellule permanente de lutte contre la pédophilie de la Conférence des Évêques de France : parolesdevictimes@cef.fr