Edito de Michel Berdah, diacre

14 Oct 2021

 Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse. 

En méditant cette parole de la première lettre de Saint Pierre, c’est le mot de « gérant » qui a retenu mon attention. Il me semble le retrouver dans le récit de la Genèse quand Dieu confie sa Création à l’être humain pour qu’il en prenne soin et continue à la développer.

Je retrouve cet appel dans une parole plus personnelle, adressée à chacun de nous : celle de la parabole des talents quand le maître de maison confie une part de sa fortune à ses gérants en comptant sur leur créativité et leur responsabilité. Pendant le Mois de la Création qui s’est conclu le 4 octobre dernier, jour de la saint François d’Assise, c’est cette vocation, cette mission, qui nous est rappelée : prendre soin de notre environnement comme d’un bien précieux, prendre soin de notre prochain comme de notre lointain (le migrant, comme le futur de nos enfants), prendre soin de notre communauté et de notre Église (ceux qui y habitent, comme ceux qui passent tout près ou plus loin). 

Ce sont quelques-uns des thèmes de la consultation pré-synodale que nous propose le pape François.

Autre gérance. Comment ne pas évoquer aujourd’hui celle de la maison Église, un service dans lequel plusieurs ont gravement failli. Je fais évidemment allusion au rapport de la CIASE.

La question va être : que faisons-nous avec ce rapport ?

Le père Hugues de Woillemont, secrétaire général de la Conférence des évêques de France, nous invite à trois attitudes :

1. Se taire. C’est dans le silence que l’on peut entendre le cri des personnes victimes, et que l’on peut revêtir les habits de deuil et de pénitence. Je pense au psaume 50.

2. Lire le rapport et accueillir le travail de la commission avec confiance. 

Un rapport en plusieurs parties : une première partie fait la lumière sur les faits d’abus et de violence commis sur des enfants dans l’Église. La deuxième essaie de comprendre ce qui s’est passé, pourquoi ces enfants n’ont pas été protégés. La troisième permet d’évaluer ce que l’Église a fait ces dernières années pour faire de l’Église un lieu de bientraitance. Et la quatrième partie, ce sont les recommandations que la Commission fait à l’Église. 

Nous organiserons des rencontres pour échanger sur les différentes parties de ce document.

3. S’engager. Concrètement, c’est décider d’adopter une attitude d’espoir et d’espérance en s’engageant chacun et chacune, pape, évêque, prêtre, diacre, laïc en responsabilité, chaque baptisée, pour faire de l’Église cette maison sûre comme le dit le pape François. 

Notre engagement et notre vigilance doivent être permanents et sans faille au service des jeunes et des personnes fragiles dans notre Église et dans la société.

 

Le pré-synode et le rapport de la CIASE attendent nos réactions. Nous sommes invités, ou plus précisément, nous sommes convoqués à nous ajuster davantage au désir de justice du Seigneur, lui qui nous établit gérants et non propriétaires, serviteurs et amis. Il compte sur nous, comme nous comptons sur Lui.