Que signifie cette question ? Au bout de quoi ? De l’année, puisque nous en sommes encore à la rentrée ? Au bout d’autre chose ? La question est posée directement par Jésus dans l’Évangile de ce jour : « Qui d’entre vous, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout » ? Il est facile de transposer : « Celui qui veut réussir son année (scolaire, professionnelle …) commence par se poser et voir s’il a les ressources (de temps, d’intelligence, de force, de patience …) pour aller jusqu’au bout. C’est tout simplement du bon sens que de vérifier si nos ressources nous permettent d’aller au bout de nos projets.
C’est ce que Jésus propose à ses interlocuteurs, mais le projet est de réussir sa vie, d’entrer dans le
Royaume. Qui peut dire qu’il a assez de ressources d’amour et de confiance pour entrer dans la vie éternelle ? Le constat objectif du décalage entre nos ambitions les plus légitimes (aller au ciel) et nos moyens limités, pourrait être déprimant, même si nous sommes pleins de bonne volonté.
Mais le chemin indiqué par Jésus est tout autre que celui de la déprime ou de l’insatisfaction.
Quand Jésus conclut : « Qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple », cela signifie simplement qu’aucun des biens de la terre ne sert à entrer au ciel, et que le disciple de Jésus agit non pas d’abord sur une compétence, une expertise, une capacité, mais sur la confiance que Dieu donne les moyens d’accomplir une mission quand il donne cette mission. Tout disciple annonce un royaume de confiance et d’amour ; c’est en aimant et en faisant confiance que la mission commence. Alors en ce début d’année, que le Seigneur nous aide à développer tous les talents qu’il a semés en nous, tout en nous renforçant dans la certitude qu’au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour.
Père Eric Courtois