Le don de science est parfois appelé don de connaissance. La science au sens biblique et spirituel est une chose différente de ce que nous appelons les matières scientifiques. La vraie science n’est pas de tout connaître, ni d’avoir réponse à tout. Seul Dieu est omniscient. Le don de science consiste à reconnaître Dieu à travers tous les êtres et les choses. Il donne à St François d’exprimer son émerveillement devant la beauté de la création. Il permet de voir Dieu à l’oeuvre dans le monde et dans notre vie. Il nous donne aussi le sens de la fragilité et de la fugacité de la vie, de notre pauvreté radicale. Partant de là, il nous aide à faire un bon usage des choses créées, des biens matériels, spirituels, affectifs. Si vraiment nous « savons » tout cela, alors nos actions seront d’autant plus sobres et concentrées, adaptées aux circonstances et efficaces. Le « Notre Père » dit « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » sans se soucier du demain, parce que le croyant sait dans la foi que Dieu prendra soin de lui demain comme il en prend soin aujourd’hui.
L’obstacle à ce don de science est de revenir sans cesse sur le passé ou de fuir dans l’avenir, dans des rêves qui ne deviennent jamais réalité. Tout ce qui nous éloigne d’une connaissance et d’une relation à Dieu qui est bon, nous aime et nous aide aujourd’hui, tout ce qui nous éloigne du présent est contraire au don de science.
Deux moyens pour recevoir ce don :
– La prière du matin : brève, intense, se mettre en présence de Dieu, offrir sa journée. Décider, selon la maxime de St Ignace, de tout entreprendre comme si tout dépendait de nous, et de prier comme si tout dépendait de Dieu. Quel réalisme et quel élan pour la journée.
– Savoir tirer une leçon de ses échecs et difficultés. Le péché des hommes a été l’occasion pour Dieu de manifester davantage son amour ; de la même façon, nos échecs peuvent être l’occasion de grandir dans une compréhension plus profonde de l’oeuvre de Dieu pour nous et avec nous, si nous nous posons pour comprendre l’enchainement des causes spirituelles et des effets.
Un exemple biblique : Marie à la Visitation (Luc 1,39-56)
Marie informée par l’ange Gabriel de la grossesse de sa cousine Elisabeth ne reçoit aucun ordre pour aller la visiter. C’est sa charité qui la pousse à se rendre en hâte auprès d’elle. A son arrivée, il y a plusieurs phénomènes de science ou de connaissance : Jean Baptiste tressaille d’allégresse dans le sein de sa mère. Elisabeth perçoit que Marie est enceinte du Sauveur, le Messie attendu. Marie qui se sait simplement « l’humble servante » du Seigneur chante dans son Magnificat que « tous les âges [la] diront bienheureuse ». Pour ces deux femmes, le fait de vivre de manière habituelle en présence de Dieu les rend comme transparentes à la grâce de Dieu et aux inspirations de l’Esprit Saint.
Chantez cette semaine un chant à l’Esprit Saint : Viens Esprit Saint !
