Le Mardi 5 octobre 2021, le rapport de la CIASE de la commission Sauvé a été rendu publique. Ce rapport, commandé par la Conférence des Evêques de France et la Conférence des Religieux et Religieuses de France a été accueilli dans la sidération. Les mots manquent pour en dire la force. 

Sidération en entendant les chiffres insoupçonnés et qui disent l’ampleur des crimes et des délits sexuels commis dans l’Eglise depuis 70 ans: 300 000 victimes.  » Voilà tout un peuple, un peuple brisé par des membres de notre Eglise « , s’indigne soeur Véronique Margron. Derrières ces chiffres, il y a des personnes et des visages dont la vie a été fracassée parce que l’Eglise a failli. 

Sidération face à cette culture du silence, du mauvais silence, celui de l’Eglise qui a occulté les crimes (punissables de 20 ans de réclusion). L’Eglise, qui semblait solide, a failli. Elle n’a pas cru les enfants, elle n’a pas signalé les auteurs des actes criminels. Comment cela est-il possible ?

Le corps est bien plus malade que ce que l’on pensait. Alors quelle attitude aujourd’hui devons-nous avoir, nous baptisés et membres de ce corps malade ?

Silence. Commençons par le silence, celui qui écoute. Le diagnostic est tombé, pas besoin de le répéter. Le corps des victimes parle et continue de parler, accablement si douloureux. Prenons soin les uns des autres dans l’accueil et le silence. Le temps n’est pas encore venu de savoir quoi et comment faire mais accueillons ce rapport et ces témoignages, lisons-les, digérons-les. 

C’est dans le silence que l’on trouvera les mots. Des mots justes pour dès à présent mettre en garde nos propres enfants, petits-enfants et tous les enfants qui nous sont confiés, contre ces abus criminels. Trouver les mots justes pour panser. Trouver les mots justes pour dénoncer ces crimes. 

Demandons au Seigneur, à son Esprit Saint qui choisit toujours la vie, de nous donner la force d’être à la hauteur chacun et tous ensemble, « du sol au plafond », comme le dit Mgr Ravel, pour amorcer des changements profonds dans notre manière de vivre l’Eglise et pour que les mentalités changent.

Florence Gauvard

 

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